La motricité libre

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La motricité libre a été développée par Emmi Pikler, pédiatre hongroise du début du XXe siècle.
Emmi Pikler a dirigé un orphelinat à Budapest dans l’immédiat après-guerre. Elle a pu y appliquer les théories qu’elle avait développé précédemment au travers de ses observations.

Que nous dit-elle ?
Un bébé est « programmé » pour se développer de façon à se mettre debout, à marcher, … Un enfant n’a pas besoin d’APPRENDRE tout cela de l’extérieur ; il le fait de lui-même petit à petit, au fur et à mesure de ses découvertes.

L’activité « spontanée » du bébé est très importante dans son développement. L’enfant est le moteur de son propre développement : le laisser faire lui donne à la fois la joie de découvrir par lui-même mais aussi la confiance en ses propres capacités.
En expérimentant par lui-même, l’enfant acquiert ainsi une plus grande connaissance de son corps et réagit de façon plus adroite aux pertes d’équilibre et aux chutes qui surviennent dans ses jeux.
L’enfant connaît mieux son corps, est plus sur de lui, plus autonome, plus confiant en ses capacités mais connaît aussi mieux ses limites.

Qu’est-ce que ça veut dire ?
Concrètement, cela signifie par exemple qu’il faut éviter au maximum de mettre l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas = où il ne peut pas se mettre seul ET aussi dont il ne peut pas sortir seul. En effet, il se retrouve alors une situation de dépendance et de stress.

Un enfant mis assis, calé par des coussins se sentira « coincé ». Il ne pourra pas – ou difficilement – jouer car il aura peur de tomber sans pouvoir se relever. Idem pour l’enfant mis dans un trotteur qui s’y trouve « coincé » jusqu’à ce qu’un adulte veuille bien venir l’en délivrer ou qui peut se trouver coincé contre un mur car il ne sait pas encore reculer par exemple.

Adultes, nous connaissons ce sentiment si on nous met dans un poste qui dépasse nos compétences : nous nous sentons angoissés et « pas à la hauteur ». Si on nous met dans un poste qui nous permet d’utiliser les compétences déjà acquises mais avec juste ce qu’il faut de défi, nous nous sentirons à l’aise et prêt à acquérir de nouvelles compétences.

Cela signifie aussi qu’un bébé a besoin d’être posé sur le dos sur le sol (sur un tapis) afin d’expérimenter le contact de son dos sur le sol, puis de découvrir ses bras, ses mains puis ses jambes et ses pieds, puis le fait que les balancements lui permettent de se tourner sur le côté. Le mettre dans un transat ou une chaise haute trop souvent le prive alors de multiples possibilités de découvertes psychomotrices.

Laisser l’enfant découvrir par lui-même ne signifie, bien sur, pas le laisser seul, livré à lui-même. Il s’agit pour l’adulte d’être là pour partager la joie d’une nouvelle découverte mais aussi pour proposer un environnement approprié aux découvertes du moment.
Cela suppose d’observer l’enfant sans projeter sur lui ce que nous adultes avons envie de lui voir faire. Souvent nous utilisons des accessoires type transat, trotteur, … parce que nous avons peur que notre enfant n’apprenne pas à se mettre debout, à marcher, … Or toutes ces stimulations contribuent à désorganiser l’acquisition que l’enfant est en train de faire à son rythme et perturbent l’équilibre global de son développement. L’enfant finira par acquérir mais à notre façon et non à la sienne, qui ne sera peut-être pas la plus appropriée pour lui.

Une astuce pour l’observation des enfants, donnée par une psychomotricienne formée à la méthode Pikler-Loczy : essayez de lister ce que fait l’enfant avec des verbes d’action.

Exemple : un enfant qui vide les placards de votre cuisine n’est pas en train de vous énerver ;-) … il ouvre, ferme, prend, emboîte, range, … Libre à vous ensuite de lui proposer les mêmes activités avec d’autres objets, à un autre endroit et/ou à un autre moment.
Un nourrisson couché sur le dos ne fait pas « rien » : il bouge les bras, se balance, tourne la tête, pédale, …

Pour finir, les observations d’Emmi Pikler montrent qu’il y a une très grande variabilité dans l’âge des différentes acquisitions, bien loin des âges moyens que l’on nous donne généralement.
Nous manquons juste de patience et de confiance dans nos enfants ;-)

Apprenons à les regarder et écoutons-les : ils nous font savoir très clairement ce dont ils ont besoin.

Pour aller plus loin : Association Pikler-Loczy

Article publié initialement sur le site de S Comm C

  • Qui suis-je ?


    Sandrine Donzel

    Passionnée des relations humaines depuis toujours, j’en ai fait mon métier. Vous trouverez donc sur ce blog des pistes de réflexion des outils concrets et pragmatiques pour développer votre efficacité relationnelle, notamment envers les enfants.

    Plus d’infos sur moi ici.

     

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