Ça fait peur : le lien parent-enfant trop faible chez les petits

D’après une étude états-unienne portant sur 14.000 enfants de moins de trois ans, 40 % n’ont pas de liens émotionnels suffisant avec leurs parents. Ceci les prédispose à des problèmes de comportement et de langage.

 

 Réconforter un enfant lorsqu’il est malade, qu’il s’est fait mal ou qu’il est bouleversé lui permet de créer un lien de sécurité avec son parent. © Andrés Nieto Porras, Flickr, cc by sa 2.0

 
 
 

Lorsque des parents sont à l’écoute des besoins de leurs enfants et savent les réconforter, ils tissent un lien de sécurité qui donne aux enfants une base pour s’épanouir. Selon une étude, ce lien serait insuffisant chez beaucoup d’enfants.

Les faits : le lien parent-enfant essentiel à l’épanouissement personnel

Les liens émotionnels que les enfants créent avec leurs parents sont essentiels pour réussir dans la vie. Mais d’après un récent rapport du Sutton Trust, un institut basé à Londres, environ 40 % des enfants manqueraient d’un attachement fort avec leurs parents. Ces chiffres ont été obtenus à partir d’une vaste étude portant sur des enfants états-uniens. Pour les chercheurs, les enfants de moins de trois ans chez qui ce lien est insuffisant sont plus susceptibles de devenir agressifs, rebelles ou hyperactifs.

Les liens d’attachement parent-enfant se forment dans les premières années de la vie, par exemple en prenant un bébé lorsqu’il pleure ou en rassurant un enfant. Lorsqu’un petit identifie son parent comme source de réconfort, il se sent en sécurité, a une image positive de lui-même et attendra plus tard des réactions positives des autres. Ces enfants « en sécurité » savent mieux gérer leurs émotions et leur comportement : parce qu’ils sont certains de l’amour de leurs parents, ils se sentent plus sûrs d’eux. Le lien que l’enfant développe avec le parent qui répond à ses besoins est ce que les chercheurs appellent un « attachement de sécurité ».

À partir de six mois environ, les enfants savent anticiper les réponses de leurs parents à leurs angoisses et adaptent leur réaction en retour. Si l’enfant est en détresse, il sait quoi faire et comment le parent lui répondra : l’enfant peut donc exprimer des émotions négatives et rechercher l’attention de son parent en attendant du réconfort. Mais chez 40 % des enfants, ce ne serait pas le cas.

Les liens créés pendant les premières années de la vie favorisent l’épanouissement ultérieur de l’enfant. © Peter van der Sluijs, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

Décryptage : l’absence de lien de sécurité pénalise l’enfant

Dans ce rapport, les chercheurs ont utilisé les données collectées par l’Early Childhood Longitudinal Study, une étude nationale états-unienne comprenant 14.000 enfants nés en 2001. Les chercheurs ont aussi passé en revue plus de 100 études. Leur analyse montre que 40 % des enfants manquent de lien de sécurité avec leurs parents et que ces enfants sont plus susceptibles d’avoir un langage pauvre et des problèmes de comportement à l’école. Ils ont aussi de moins bonnes capacités de mémoire de travail et dans leurs fonctions exécutives. Cet effet négatif se maintient au cours des années et ces enfants quittent plus souvent l’école sans formation, stage ou emploi.

De plus, environ un enfant sur quatre éviterait ses parents lorsqu’il est bouleversé, parce que ceux-ci ignoreraient ses besoins. En effet, certains parents répondent à l’angoisse de leurs enfants en les rejetant ou en les ignorant : ces enfants apprendraient alors à minimiser leurs émotions négatives et leurs besoins pour éviter le parent quand ils sont angoissés.

Enfin, dans 15 % des cas, les parents seraient imprévisibles et amplifieraient le stress de l’enfant : ces enfants développeraient un « attachement désorganisé », en exagérant l’expression de leurs émotions, en résistant à leurs parents. Ils auraient aussi des difficultés à gérer leurs émotions.

No panic : l’attachement parental, un atout pour la vie

Par conséquent, l’origine sociale des enfants n’est pas le seul paramètre qui influence leur réussite. Les parents peuvent avoir un impact sur leur progéniture grâce aux liens d’affection qu’ils construisent avec leurs enfants. Ces liens seraient même un atout pour lutter contre les inégalités sociales. Environ 60 % des enfants développent un attachement fort avec leurs parents : d’après les chercheurs, ces enfants sont plus susceptibles de résister à la pauvreté, à l’instabilité familiale, au stress parental et à la dépression. Ils seraient donc plus aptes à supporter les aléas de la vie !

Les chercheurs ont aussi observé chez les garçons qui grandissent dans des familles défavorisées que ceux qui avaient des liens forts avec leurs parents étaient 2,5 fois moins susceptibles que les autres d’avoir des problèmes de comportement à l’école. Pour les auteurs, il faudrait donc aider les parents à développer très tôt des comportements qui favorisent l’attachement de leurs enfants.

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Ça fait peur est une chronique qui décrypte une actualité préoccupante ou source d’angoisses. Catastrophes naturelles ou humaines, peurs intimes, sont vues sous un éclairage scientifique qui permet parfois de dédramatiser une info choc. Alors pas de panique !

Tiré du site :

http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/enfant-ca-fait-peur-lien-parent-enfant-trop-faible-chez-petits-53238/

Merci encore Mickaël pour tous ces liens !

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