Guide de déscolarisation pour débutants

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Note : cet article est une traduction de l’article The Beginner’s Guide to Unschooling de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

« Il n’y a aucun sujet à propos duquel on me pose plus de questions en tant que parent que la déscolarisation, et rien que je recommande plus aux autres parents.

C’est une philosophie éducationnelle qui fournit plus de liberté que n’importe quelle autre méthode d’apprentissage, et prépare, mieux que toute autre chose que je connais, les enfants à un futur incertain et qui change rapidement. Ma femme et moi déscolarisons quatre de nos enfants, et ce depuis des années.

Et pourtant, aussi puissante que je crois être la déscolarisation, je n’ai jamais écrit sur le sujet, parce qu’en vérité, je n’ai certainement pas toutes les réponses. Personne ne les a.

La beauté de la déscolarisation est dans la recherche des réponses. Si quiconque avait toutes les réponses, il n’y aurait aucune recherche. Et donc ce que j’adorerais enseigner aux parents et aux enfants portés sur la déscolarisation est que cette recherche est justement la joie qu’il y a dans tout ça.

Mais je mets la charrue avant les bœufs : qu’est-ce que la déscolarisation ? Pourquoi devriez-vous le faire ? Comment faites-vous ça ? Nous allons parler de tout ça aujourd’hui.

Qu’est-ce que la déscolarisation ?

Tout d’abord, c’est une forme d’éducation à domicile. Mais il n’y a aucune réponse simple à cela, sauf en le comparant à la scolarisation normale. Il n’y a pas une seule façon de déscolariser, et les gens qui le font le font souvent pour de multiples raisons et de multiples façons.

Cependant, voici la façon dont je le décris – contrairement à l’école :

  • L’école a des cours abordant des sujets, la déscolarisation non.
  • L’école a des objectifs fixés par les professeurs et par le système scolaire ; le déscolarisé (l’enfant) fixe ses propres objectifs.
  • À l’école, le savoir est transmis de l’enseignant à l’étudiant ; dans la déscolarisation, l’étudiant a le pouvoir d’apprendre par lui-même.
  • L’école a des livres spécifiques ou des ensembles de matériaux scolaires ; les déscolarisés peuvent apprendre à partir de tout – les livres qu’ils trouvent, des trucs sur internet, leurs frères et sœurs ou leurs parents, l’extérieur, les musées, les gens qui travaillent dans des domaines intéressants, tout.
  • L’école est structurée, la déscolarisation est comme le jazz. C’est fait sur le vif, et cela change au fur et à mesure que l’étudiant change.
  • L’étudiant à l’école apprendre à suivre les consignes ; les déscolarisés apprennent à penser par eux-mêmes et à prendre leurs propres décisions.
  • À l’école, on demande aux étudiants d’apprendre à un rythme arbitrairement défini par des administrateurs ; les déscolarisés apprennent à leur propre rythme.
  • À l’école, apprendre arrive dans la salle de classe, de temps en temps ; dans la déscolarisation, apprendre arrive tout le temps, et il n’y a pas de distinction entre l’apprentissage et la vie.

Laissez-moi insistez là-dessus pendant une minute : dans la déscolarisation, la vie elle-même est un apprentissage. Il n’y a pas besoin « d’aller à l’école »… vous apprenez tout le temps.

Les déscolarisés apprennent tout comme vous et moi apprenons entant qu’adultes : à partir de ce qui les intéresse, en trouvant comment apprendre par soi-même, en modifiant au fur et à mesure qu’ils changent, en utilisant tous les types de ressources et en apprenant les matières qu’ils trouvent, poussés par la curiosité et l’application pratique plutôt que par le fait que quelqu’un dise que c’est important.

C’est la façon dont j’apprends en tant qu’écrivain à mon compte, en tant qu’entrepreneur, en tant que parent. C’est la façon dont nos enfants apprendront quand ils seront adultes. Pourquoi ne pas leur permettre d’apprendre comme ça dès maintenant ?

Pourquoi déscolariser ?

Réfléchissons à ce que fait l’école : préparer les enfants pour le monde de l’emploi (et pour la vie) à l’avenir… un futur qui se trouve probablement dans une dizaine d’années ou plus. Maintenant pensez à dix ans ou plus de changements : combien d’entre nous ont prédit il y a 13 ans ce à quoi ressemblerait notre vie aujourd’hui ? Savions-nous qu’il allait y avoir une récession économique, ou la modification du marché du travail, ou le fait que des choses comme les smartphones et les iPads et les lecteurs numériques seraient aussi répandus ? Et ce n’est qu’un début.

Si nous ne pouvons pas prédire ce à quoi ressemblera le futur de nos enfants, comment pouvons-nous décider aujourd’hui ce qu’ils devraient apprendre pour se préparer à ce futur ? Nous les préparons pour les emplois d’aujourd’hui, pas pour les emplois de demain. L’école apprend aux enfants un ensemble de faits et de compétences dont ils n’auront peut être pas besoin à l’avenir.

La déscolarisation suit une approche différente : les enfants apprennent comment apprendre, comment s’enseigner à eux-mêmes. Si vous savez comment apprendre et comment vous enseigner à vous-même, alors vous êtes préparé pour tout futur quel qu’il soit. Si à l’avenir les choses que nous connaissons deviennent obsolètes, alors la personne qui sait comment tout apprendre sera prête à apprendre ce qui sera utile à l’avenir. La personne qui sait seulement comment apprendre auprès d’un professeur aura besoin qu’un professeur lui apprenne.

D’autres raisons à la déscolarisation :

  • C’est comme ça qu’apprennent les entrepreneurs. Les écoles préparent les enfants à suivre des instructions, comme de bons employés, tandis que les entrepreneurs se chargent eux-mêmes de ce qu’ils ont besoin de savoir et prennent des décisions personnelles, voyagent en terrain inconnu. La déscolarisation prépare les enfants à être des entrepreneurs au lieu d’être des robots.
  • C’est bien plus naturel. Le système scolaire est une invention relativement moderne, et ce n’est pas la façon dont les humains ont appris pendant la majorité de notre histoire. La déscolarisation est la méthode d’apprentissage utilisée pendant la majeure partie de l’histoire humaine – y compris par des gens comme Leonard de Vinci, Léon Tolstoï, Mozart, Einstein et Benjamin Franklin.
  • C’est plus libre. La structure de l’école est bonne pour les gens qui aiment que les décisions soient prises pour eux, mais si vous aimez prendre vos propres décisions, et découvrir les choses en vous basant sur vos besoins actuels, vous voudrez plus de liberté.
  • Nous apprenons avec les enfants. À l’école, beaucoup de parents sont exclus du processus d’apprentissage, et demandent aux enseignants de prendre la responsabilité de l’éducation de leurs enfants ; avec la déscolarisation vous apprenez avec vos enfants. La chose la plus importante que j’ai apprise est d’apprendre à apprendre. Nous découvrons, ensemble, comment les gens apprennent, quelle est la meilleure façon d’apprendre, pour chaque enfant.
  • L’apprentissage est illimité. À l’école, l’apprentissage est limité à la salle de classe et aux heures de cours. Ensuite les enfants croient qu’ils arrêtent d’apprendre et qu’ils peuvent retourner jour et vivre leur vie – comme si apprendre était ennuyeux et qu’ils ne le faisaient que parce qu’ils y sont obligés. Mais les déscolarisés apprennent qu’apprendre arrive tout au long de la journée, tous les jours, peu importe ce que vous faites. Si vous n’étudiez pas dans un bouquin, est-ce que ça signifie que vous n’apprenez pas ? Ne pouvez-vous pas apprendre en jouant à des jeux, en allant faire une randonnée, en parlant aux inconnus ? Et en ce qui concerne la façon de préparer le dîner, ou de réparer un robinet qui fuit, ou de construire un fort ? L’apprentissage est tout autour de nous, et c’est amusant ! C’est ce que nous apprend la déscolarisation.

Il y a plein d’autres raisons, évidemment, et chaque personne trouvera ses propres raisons. Ce ne sont que quelques unes des miennes.

Comment déscolariser

C’est la partie difficile, parce qu’il n’y a aucune bonne façon de le faire, pas de façon unique. Et les parents qui débutent veulent toujours, toujours, savoir comment faire. Je sais que cela a été le cas pour nous, et très honnêtement, nous recherchons encore la réponse.

Pourquoi n’y a-t-il pas de réponse ? Parce que chaque enfant est différent. Tout le monde a des besoins, des intérêts, des compétences, des objectifs, et des environnements différents. Que diriez-vous si les gens vous disaient qu’il n’y a qu’une seule façon de vivre votre vie, une seule façon de faire votre travail ? Vous détesteriez cela, parce que cela vous retirerait toute liberté, et aussi tout amusement.

Vous dire comment déscolariser est comme vous supprimer toute liberté et tout amusement dans tout cela. Les questions sont la base de tout ça, et la découverte en est l’amusement.

Cela dit, je vais offrir quelques idées de la façon dont nous déscolarisons, et quelques idées de la façon dont vous pourriez aborder les choses – mais ce ne sont que des idées à partir desquelles démarrer !

  • Entrée à l’université. Notre fils de 16 ans a décidé qu’il voulait aller à l’université, et donc il prépare le SAT (test d’entrée à l’université, NdT) de son côté, il suit quelques cours universitaires gratuits en ligne, et il s’entraîne à écrire des essais universitaires sur des sujets qu’il choisit. Il apprend également des choses tout seul, comme la programmation ou l’animation 3D, et il joue de la guitare.
  • Maître en origamis. Notre fille de 13 ans veut être bonne en maths, donc elle suit quelques cours en ligne à la Khan Academy. Elle fait aussi des origamis, coud des bracelets d’amitié, lis des romans pour ados et des BD d’Archie, elle joue du piano, sort au parc jouer au baseball et aime apprendre à cuisiner.
  • Loups et magiciens. Notre fils de 8 ans adore lire à propos des loups, et fait souvent semblant d’être un loup. Ou un magicien, ou un loup-garou. Il aime jouer à des jeux, lire avec nous, créer des histoires et dessiner. Il est plutôt bon en maths, bien que nous n’étudions pas beaucoup cela avec lui et qu’il le fasse seul.
  • Cabanes et restaurants. Notre fille de 6 ans aime qu’on lui lise des histoires et ne lis pas encore toute seule, même si elle apprend à lire avec des jeux et qu’elle lit avec nous. Elle n’aime pas les maths mais les fait sous forme de jeux. Elle fabrique des cabanes, dessine, aime jouer dehors et fait semblant de tenir un restaurant ou un magasin.
  • Le pouvoir des questions. Quand les enfants posent une question, c’est une opportunité de découvrir quelque chose. Nous le recherchons ensemble, ou cherchons des livres sur le sujet en bibliothèque.
  • Les gens que vous connaissez sont des ressources incroyables. Si votre enfant veut être chef cuisinier, vous pourriez connaître quelqu’un qui est chef et tient un restaurant. Si votre enfant veut créer des jeux pour iPhone, vous pourriez connaître un programmeur. Si votre enfant est intéressé par les sciences, vous pourriez connaître un biologiste marin. Et ainsi de suite. Entrez en contact avec des gens.
  • Les jeux sont votre meilleur ami. Jouez à toutes sortes de jeux. Ne vous inquiétez pas de ce qu’ils apprennent. Ils s’amuseront, et apprendront que la vie peut être un jeu, et donc ils pourront apprendre.
  • Des projets amusants. Travailler sur des projets artistiques et scientifiques peut être très amusant.
  • Approfondir les intérêts. Si l’enfant est intéressé par quelque chose, montrez-lui comment en découvrir plus sur le sujet, ou comment jouer avec.
  • Quitter l’école. Si vous être nouveau en déscolarisation, et que votre enfant est allé à l’école pendant un temps, c’est souvent une bonne idée de « quitter l’école ». Cela signifie de ne pas se soucier d’apprendre ou d’aller à l’école pendant un temps – quelques semaines, quelques mois. L’idée est de les sortir (et de vous sortir) de l’état d’esprit de la scolarisation, ce qui peut être très difficile, parce que nous avez été formés pour penser en termes scolaires. Nous pensons que nous avons besoin d’être des professeurs et des élèves productifs, et que l’école doit se passer d’une certaine façon, et que si les enfants n’apprennent pas quelque chose via une activité, cela n’a pas de valeur. Tout ça c’est de la connerie, évidemment, donc prenez un peu de temps pour sortir de cet état d’esprit.
  • Exposez-les. Apprenez à leur fournir divers stimuli – ayez des livres et des magazines un peu partout dans la maison, regardez des émissions sur des sujets intéressants, jouez à de vieux jeux de plateau, sortez et explorer votre ville, rencontrez différentes personnes, cherchez des trucs ensemble sur internet. Cette exposition les aidera à explorer de nouveaux centres d’intérêt – même s’ils ne semblent pas intéressés dans un premier temps, l’exposition leur permettra de trouver de nouvelles choses seuls.
  • Apprenez au fur et à mesure. La chose la plus importante est que vous avez besoin de découvrir ce qui fonctionne pour vous. Testez différentes choses. Jouez. Faites des trucs. Sortez et agissez, rencontrez des gens, amusez-vous en apprenant de nouvelles choses. L’amusement, toujours l’amusement, pas de dur labeur à moins qu’il y ait de l’amusement, ne jamais se forcer, toujours être attiré.
  • Soyez patient. Vous ne verrez pas immédiatement les « résultats » ; les changements se produiront chez votre enfant au fil du temps, au fur et à mesure qu’il apprendra que l’apprentissage est amusant et peut être fait tout le temps de plein de façons différentes. Vous pourriez également être frustré que vos enfants ne veuillent pas étudier ou lire ou faire leurs devoirs ou quoi que ce soit d’autre. À la place, laissez-les jouer de la musique ou jouer ou lire des BD ou jouer dehors.
  • La confiance est importante. C’est difficile au début (nous apprenons encore à le faire), mais c’est important d’avoir confiance dans le fait que les enfants peuvent apprendre seuls, avec un minimum de directives, et que s’ils sont intéressés par quelque chose, ils apprendront sur le sujet. Nous pensons tous que les enfants ne peuvent pas apprendre seuls, mais ils le peuvent.

Avant que vous vous fassiez une fausse idée, je devrais accorder tout le crédit à ma femme Eva pour avoir fait la majeure partie du travail de déscolarisation, et avoir été bien meilleure que moi pour cela (Eva est vraiment super, même si elle ne l’admettra pas). Elle a lu plus de livres et de sites web sur le sujet que moi, et fait la majorité de la déscolarisation de manière quotidienne (même si j’aide effectivement autant que je le peux). Je devrais aussi reconnaître le mérite de ma merveilleuse sœur Kat, qui nous a inspiré cette déscolarisation, et qui est une des plus incroyables mamans en déscolarisation que je connaisse.

Extrait tiré de :

http://www.habitudes-zen.fr/2014/guide-de-descolarisation-pour-debutants/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+habitudes-zen%2Ffeed+%28Habitudes+Zen%29

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